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Analyses de Natixis Investment Managers – 2 mars 2020

Que s’est-il passé sur les marchés depuis 10 jours ?

Après une année 2019 extrêmement favorable, les marchés d’actions internationaux ont subi depuis 10 jours une forte correction, avec un recul de plus de 7 %. La dernière semaine de février a été particulièrement éprouvante avec des baisses sur les grands indices mondiaux de près de 11 % en moyenne, soit la pire semaine depuis 2008. Depuis le début de l’année, le recul de l’indice des actions internationales est désormais de -7 % en euros et la volatilité est sans précédent depuis l’été 2015.

Parallèlement, les investisseurs se sont réfugiés sur les obligations souveraines, en particulier américaines et européennes (à l’exception notable de la dette italienne), poussant les taux d’intérêt à long terme à des niveaux exceptionnellement bas (1,13 % pour le taux à 10 ans américain contre 1,51 % en début de mois).

Les développements liés à l’épidémie de coronavirus - avec le développement significatif de nouveaux cas hors de Chine dont certains difficiles à relier à des foyers d’épidémie identifiés - ont accru le niveau d’anxiété des populations concernées, des autorités et des médias. Les espoirs que l’épidémie soit de courte durée se sont envolés. A l’inverse, l’éventualité d’une pandémie mondiale s’installe dans les esprits, laissant craindre aux observateurs des conséquences économiques sensiblement plus sévères pour l’économie qu’initialement estimées, entraînant à son tour, des comportements d’aversion au risque très marqués de la part des investisseurs.

 

Faut-il vraiment s’inquiéter pour l’économie mondiale ?

L’économie mondiale se trouvait plutôt en phase de reprise début 2020, récupérant notamment des effets de la montée des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine et bénéficiant de conditions financières très favorables. L’impact du coronavirus sur l’économie chinoise - considéré comme “l’atelier du monde” - peut d’ores et déjà être considéré comme sévère, avec potentiellement une croissance à l’arrêt au 1er trimestre voire au 2ème trimestre, même si l’activité semble vouloir redémarrer. Or, l’économie chinoise représente désormais près de 20 % du PIB mondial et 12 % des exportations mondiales.

Au niveau plus global, la croissance au premier trimestre va être très faible et le deuxième trimestre sera probablement touché aussi, étant donné que la propagation du virus n’est pas terminée. L’Europe et le Japon, en particulier, pourraient connaître une récession technique - c’est-à-dire deux trimestres consécutifs de croissance négative - mais nous ne pensons pas que cette situation devrait perdurer sur l’ensemble de l’année 2020. L’impact sur l’économie américaine pourrait également être moindre, ce pays étant moins dépendant du commerce mondial.

Les autorités disposent d’un certain nombre de leviers pour soutenir leurs économies et leurs entreprises, pendant cette période difficile : soutien budgétaire (Chine, Japon et vraisemblablement Allemagne), soutien des politiques monétaires (Etats-Unis, BCE, Australie, etc.). En particulier, les attentes concernant une baisse des taux directeurs de la Fed s’intensifient suite aux déclarations de son président, Jerome Powell, selon lesquelles même si “les fondamentaux de l’économie américaine restent solides”, la banque centrale pourrait “agir si nécessaire”.

S'agissant des entreprises, il est encore trop tôt pour mesurer les impacts, même si les attentes sur les résultats des entreprises pourraient être revues sérieusement en 2020  en fonction de la gravité des développements à venir.

 

Comment évolue la psychologie des marchés ?

La psychologie des marchés continuera pour quelques semaines à être fortement influencée par les développements liés au coronavirus, par l’extension du nombre de cas (en particulier dans les pays développés) et par les annonces de mesures de confinement, de précaution ou de limitation des échanges éventuellement décidées par les autorités sanitaires et les gouvernements. L’appétit pour le risque (ou la fuite vers la qualité) dépendront aussi de l’action des autorités en Chine, en Europe et aux Etats-Unis.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, les indices asiatiques ont rebondi ce lundi matin, mais les bourses européennes ne sont pas parvenues à se stabiliser, compte tenu de marchés à terme encore en baisse sur le marché américain. Si un certain nombre d’investisseurs ne sont plus vendeurs d’actions à ces niveaux, peu d’entre eux ont un horizon d’investissement suffisamment long pour racheter des valeurs massacrées à bon compte.

Des baisses de marché de 10 % sur le S&P500 interviennent périodiquement - on a même frôlé les 20 % de recul entre septembre et décembre 2018 avant un rebond en V au premier trimestre 2019 - et la situation actuelle n’a donc rien de choquant. Mais l’incapacité des marchés à rebondir après des baisses quotidiennes de 3 à 4 % montre que la situation est sérieuse et que les investisseurs naviguent à vue, en attendant des gestes des gouvernements ou des banques centrales.

 

Comment se sont comportés nos portefeuilles ?

Le type d’évènements qui ont conduit à la forte baisse des marchés la semaine dernière
- accélération inattendue du nombre de cas de coronavirus hors de Chine, alors que la contagion semblait pour l’essentiel devoir être contenue dans ce pays - est par définition difficile à anticiper pour les gérants.  L’accélération de la baisse à partir du lundi 24 est en effet venue d’une forte augmentation des cas en Italie et de la soudaine prise de conscience de l’extension de l’épidémie en Europe et dans d’autres pays.

Globalement, les portefeuilles étaient exposés aux actions de manière cohérente avec leur allocation-cible,

Le comportement de nos gestions a été en phase avec leur profil de risque. Sur la base des données disponibles au jeudi 27 février (qui ne prend pas en compte le recul supplémentaire des marchés vendredi 28), les valeurs liquidatives de nos fonds étaient en moyenne en recul par rapport au vendredi précédent.

 

Pour consulter les performances de l’ensemble des fonds, consultez le site de Natixis Interépargne.

 

 

Quelle stratégie adoptent nos gestions ?

Des risques de baisse subsistent pour les actions à mesure que l'impact économique augmente, mais le rebond peut être tout aussi rapide, une fois les craintes dissipées, ou lorsque les investisseurs auront le sentiment que les valorisations atteignent des niveaux de support attractifs. Les premières données économiques chinoises depuis l'épidémie ont confirmé un tableau sombre, avec une forte baisse des PMI manufacturiers et des services. Il est peu probable que les craintes de récession s'atténuent tant que le virus se répandra dans les pays développés, mais, pour le moment, nous ne pensons toujours pas que la croissance 2020 sera complètement affectée.

Comme en beaucoup de circonstances comparables, les banques centrales devraient être à la manœuvre ce qui pourrait avoir un impact psychologique positif. D’ores et déjà, les marchés anticipent une baisse des taux de la Réserve Fédérale lors de sa prochaine réunion le 18 mars prochain, potentiellement d’un demi-point.

A noter que les actifs dits de “refuge”, n’ont pas tous joué pleinement leur rôle de protection :

  • la progression de l’indice des obligations de la zone euro n’a été que de 0,2 % sur la semaine, le recul des obligations d’Etat italiennes ayant en grande partie compensé le rallye des obligations allemandes qui affichent désormais un rendement négatif de -0,61 %;
  • le dollar a reculé contre euro de -1.4 % sans doute du fait des anticipations de baisse des taux directeurs américains ;
    • le constat a encore été plus décevant pour l’or qui, après avoir connu une belle progression jusqu’au 24 février (+10 %), a subi des dégagements importants la semaine dernière (l’once est passée de 1674 à 1586 $ en 5 jours reculant de plus de 5 %), probablement liés au besoin de certains hedge funds de couvrir des pertes subies sur d’autres parties de leur portefeuille.

 

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